Lindsey Assamouah Abotsi
Je m’appelle Kuyo Fleure Emmanuella. J’ai 14 ans et je suis élève au collège de Niablé, dans la région du Loh-Djiboua.
Comme toutes les filles de mon âge, j’ai de grands rêves. Je veux étudier dur, rester concentrée en classe et rendre ma famille fière. Mais pendant très longtemps, aller à l’école signifiait faire face à un combat quotidien et invisible — une épreuve qui n’avait rien à voir avec mes devoirs, mais avec ma dignité la plus fondamentale.
Dans notre école, nous n’avions ni latrines fonctionnelles ni accès à l’eau potable. Lorsque mes camarades et moi devions satisfaire un besoin naturel, ou lorsque nous avions nos règles, nous n’avions d’autre choix que de nous rendre dans la brousse touffue derrière nos salles de classe.
C’était une réalité terrifiante au quotidien. La brousse abritait des insectes dangereux et des serpents venimeux. Chaque pas dans ces herbes hautes était un risque pour notre santé et notre sécurité.
Pendant nos règles, l’humiliation était encore plus grande. Sans eau propre ni espace privé, beaucoup de filles préféraient rester à la maison une semaine entière chaque mois pour éviter la honte de salir leurs vêtements. Quand on manque une semaine de cours tous les mois, le retard s’accumule. Peu à peu, le potentiel d’une jeune fille commence à s’éteindre — non pas par manque d’intelligence, mais par manque de protection..
Suite à celà ma communauté scolaire à décider d’agir, et mettant fin à cette souffrance publique .
Grâce à un solide partenariat entre Habitat pour l’humanité Côte d’Ivoire (Habitat For Humanity Côte d’Ivoire ), Habitat pour l’humanité Canada (Habitat For Humanity Canada) et nos leaders locaux, des latrines publiques modernes et des points d’eau potable ont été construits au sein même de notre école.
Aux côtés de nos enseignants et de nos parents, des ateliers sur la gestion hygiénique des menstrues (GHM) ont également été organisés pour nous.
« Avant, nous devions aller dans la brousse, là où se trouvent les serpents et les insectes dangereux », ai-je rappelé lors de la cérémonie de dédicace communautaire. « Aujourd’hui, nous n’avons plus à le faire grâce aux latrines publiques et à l’eau potable. »
L’accès à l’eau propre et à des installations sanitaires privées et sécurisées ne nous a pas seulement apporté des infrastructures : cela a libéré notre dignité. Aujourd’hui, nous pouvons gérer notre hygiène en toute confiance, rester en classe sans crainte et nous concentrer pleinement sur nos études. La brousse a repris ses droits, et la peur qui planait sur notre cour d’école a disparu.
Voir nos partenaires travailler main dans la main avec notre communauté pour bâtir ces installations a changé ma façon de voir l’avenir. Cela m’a fait réaliser que mon éducation compte, et que ma santé et ma sécurité méritent d’être protégées.
Si l’on peut transformer nos vies grâce à un tel esprit de partenariat, alors je sais qu’un jour, je pourrai moi aussi grandir et bâtir un avenir meilleur pour d’autres dans ma communauté et mon pays.
Vos dons ne font pas que transformez des communautées, ils transforment aussi les pensées et les idées des membres de ces communautés.
Alors, continuer de soutenir nos programmes.
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